

Introduction
Auteur : Joël DEHASSE
Édition : Odile Jacob
Date : 2009 (réédité en 2019)
Nombre de pages : 512
ISBN : 9782738147899
Dans Tout sur la psychologie du chien, Joël Dehasse, vétérinaire comportementaliste belge reconnu, s’attaque à un défi ambitieux : expliquer le fonctionnement mental et émotionnel du chien, cet animal à la fois familier et mystérieux.
Son objectif est clair : permettre au lecteur de « mieux connaître son chien pour être heureux de vivre ensemble ».
Cet ouvrage, à la fois scientifique et accessible, plonge dans les racines biologiques, psychologiques et sociales du comportement canin. Il ne se limite pas à l’éducation ou aux troubles : il propose une véritable philosophie de la relation homme-chien, fondée sur la compréhension, la bienveillance et la coopération.
Dehasse s’adresse autant aux propriétaires curieux qu’aux passionnés de comportement animal, en mêlant rigueur scientifique et regard empathique.
L’auteur
Joël Dehasse (né le 19 février 1956 à Bruxelles) est un coach en comportement animal et bien-être; il est spécialisé dans le comportement des animaux familiers et dans les interactions entre l’homme et l’animal familier, principalement le chat et le chien.
Docteur en médecine vétérinaire de l’université de Liège (1979), comportementaliste (1998) et certifié en systémique et thérapie familiale (1998), membre du Collège Européen de Médecine Vétérinaire Comportementale (ECVBM-CA), il exerce à Bruxelles. Conférencier international, créateur de plusieurs associations comportementales belge (GERC) et européennes (ESVCE,ECVBM-CA), il est l’auteur de nombreux articles scientifiques et populaires, et d’ouvrages de vulgarisation scientifique; il donne des formations en coaching en comportement animal.
Autres infos sur https://www.joeldehasse.com/
Notes de lecture
Introduction – Comprendre le chien pour mieux vivre ensemble
Dans Tout sur la psychologie du chien, Joël Dehasse, vétérinaire comportementaliste belge reconnu, s’attaque à un défi ambitieux : expliquer le fonctionnement mental et émotionnel du chien, cet animal à la fois familier et mystérieux.
Son objectif est clair : permettre au lecteur de « mieux connaître son chien pour être heureux de vivre ensemble ».
Cet ouvrage, à la fois scientifique et accessible, plonge dans les racines biologiques, psychologiques et sociales du comportement canin. Il ne se limite pas à l’éducation ou aux troubles : il propose une véritable philosophie de la relation homme-chien, fondée sur la compréhension, la bienveillance et la coopération.
Dehasse s’adresse autant aux propriétaires curieux qu’aux passionnés de comportement animal, en mêlant rigueur scientifique et regard empathique.
I. Le chien, héritier du loup et compagnon de l’homme
Pour comprendre la psychologie du chien, il faut d’abord remonter à ses origines. Dehasse rappelle que le chien descend bien du loup, mais pas du loup tel que nous le connaissons : il provient d’un loup ancestral qui s’est progressivement autodomestiqué.
Cette théorie, aujourd’hui largement admise, montre que certains loups ont profité de la proximité humaine pour se nourrir des restes de table, se reproduire et transmettre des comportements de tolérance et de curiosité envers l’homme. Ces loups marginaux sont devenus les premiers chiens, des commensaux, c’est-à-dire des partenaires vivant aux côtés des humains sans leur nuire.
Au fil du temps, cette cohabitation s’est transformée en symbiose : l’homme a trouvé en lui un compagnon utile, capable de chasser, de garder, d’alerter ou simplement de tenir chaud.
Avec la sédentarisation, la sélection naturelle a laissé place à une sélection humaine, d’abord fonctionnelle, puis de plus en plus esthétique.
Dehasse met ici en garde : la recherche du beau, souvent déconnectée des besoins comportementaux du chien, a conduit à la création de races fragiles, parfois inadaptées à la vie moderne. Les comportements problématiques que nous observons aujourd’hui (peur, agressivité, hyperactivité) sont souvent le fruit de ces déséquilibres entre biologie, environnement et sélection humaine.
Le message de cette première partie est limpide : comprendre un chien, c’est aussi comprendre son histoire évolutive, et reconnaître combien l’humain a façonné, parfois à son insu, la psyché de son meilleur ami.
II. Une histoire partagée : entre culte, utilité et malentendus
Le livre retrace ensuite la longue relation symbolique entre l’homme et le chien, faite d’amour, de peur et de fascination.
Dans l’Antiquité, le chien est divinisé : Anubis, le dieu égyptien à tête de chacal, protège les morts ; la louve romaine allaite Romulus et Rémus.
Mais le Moyen Âge européen bascule dans la peur : le loup devient diabolique, le chien associé à la rage et à la sorcellerie. Il faut attendre le XIXᵉ siècle pour que le chien retrouve une place positive, celle de compagnon affectif.
Avec l’industrialisation et la réduction des familles, le chien entre dans les foyers pour combler un vide émotionnel. Il devient un membre à part entière du cercle domestique.
Plus tard, le développement de la zoothérapie et des chiens d’assistance démontre sa capacité à améliorer la santé psychologique et physique de l’humain.
Mais cette évolution s’accompagne aussi d’excès : dans les sociétés modernes, le chien devient parfois objet de mode. Dehasse dénonce cette « dog-attitude » superficielle qui dénature la relation authentique entre les espèces.
En filigrane, l’auteur rappelle une vérité fondamentale : si le chien est devenu dépendant de l’homme, l’homme n’en dépend pas pour survivre. Ce déséquilibre moral et biologique doit pousser chaque propriétaire à la responsabilité : un chien ne se possède pas, il se comprend.
III. Comment comprendre le chien : les modèles de lecture du comportement
L’une des grandes forces du livre est de montrer que le comportement canin ne s’explique jamais par un seul modèle.
Pour Dehasse, nous portons tous des « lunettes » d’interprétation : certaines sont biologiques, d’autres psychologiques ou culturelles.
Il présente ainsi plusieurs approches complémentaires :
- Le béhaviorisme : analyser les liens entre stimulus, réponse et conséquence. C’est la base du dressage classique, mais limitée car elle ignore l’émotion et la subjectivité du chien.
- L’éthologie : étudier les comportements naturels et instinctifs, tels qu’ils apparaissent sans apprentissage.
- La psychologie : explorer les émotions, les cognitions et la personnalité du chien. Dehasse y introduit la notion de “boîte noire” : le monde intérieur du chien, invisible mais essentiel.
- La systémique : envisager le chien comme membre d’un système familial ; tout changement dans la relation humaine influence l’équilibre du chien.
- Le modèle hiérarchique : il le critique fermement, dénonçant la croyance selon laquelle il faut dominer son chien pour se faire respecter.
Loin des méthodes coercitives, il prône une autorité calme et cohérente, fondée sur la confiance. - Le modèle d’activité, concept clé de Dehasse : chaque chien a des besoins d’activité (sociale, ludique, exploratoire, alimentaire…) qu’il faut équilibrer pour éviter les troubles du comportement. Un chien qui “fait trop” (aboie, détruit, saute) est souvent un chien qui s’ennuie ou dont les besoins fondamentaux sont insatisfaits.
Cette pluralité de modèles illustre la complexité du monde canin. Dehasse ne cherche pas à imposer une méthode, mais à développer une compréhension globale du chien, en croisant science et bon sens.
IV. Le chien biologique : génétique, instincts et comportements
La psychologie du chien s’enracine dans sa biologie.
Chaque comportement, rappelle Dehasse, résulte d’un mélange subtil entre gènes et environnement.
Il explique la notion de patrons-moteurs : des séquences de comportements innées, héritées de l’évolution (comme chasser, poursuivre, lécher, protéger).
Ces patrons varient en intensité selon les individus et les races. Un border collie, par exemple, possède un instinct de poursuite hypertrophié : inutile de vouloir le supprimer, il faut le rediriger (par le travail ou le jeu).
Dehasse insiste aussi sur la diversité individuelle : il n’existe pas un “comportement de race” figé. Les généralisations sont scientifiquement fausses et moralement risquées.
Les lois “anti-races” sont, selon lui, une forme de racisme canin, ignorant les différences entre individus.
Enfin, il aborde la question cruciale de l’héritabilité : environ 40 % du comportement serait d’origine génétique, mais 60 % dépend de l’environnement, des apprentissages et de la relation avec l’humain.
Autrement dit, le propriétaire joue un rôle déterminant dans la psychologie du chien qu’il façonne.
V. Le chien familier : un être néoténique et dépendant
Pour Dehasse, le chien domestique est avant tout un éternel adolescent.
Il a gardé, grâce à la sélection humaine, des traits physiques et mentaux juvéniles : curiosité, jeu, attachement, malléabilité. Cette néoténie explique à la fois son charme et sa dépendance.
Le chien de famille n’est plus un animal autonome : il a besoin d’un guide bienveillant pour s’épanouir.
Ce guide n’est pas un “chef de meute” autoritaire, mais un accompagnant capable d’instaurer des repères stables et sécurisants.
La période de socialisation (entre 2 et 16 semaines) y joue un rôle crucial : c’est durant cette fenêtre que le chiot apprend à percevoir le monde sans peur. Un chiot bien socialisé deviendra un adulte équilibré ; à l’inverse, un manque d’expériences variées engendre des peurs durables.
Enfin, Dehasse évoque le chien miroir : nos chiens reflètent souvent nos émotions, nos tensions ou nos déséquilibres.
Observer son chien, c’est parfois se voir soi-même : le comprendre, c’est aussi progresser dans sa propre cohérence émotionnelle.
Conclusion – Vivre avec un chien, une aventure partagée
Tout sur la psychologie du chien n’est pas un manuel de dressage, mais une invitation à repenser notre relation avec le chien.
En mêlant éthologie, psychologie et philosophie, Joël Dehasse propose une vision complète et moderne :
le chien n’est ni un robot à dresser, ni un enfant à surprotéger, mais un être sensible, biologique et social, qui coexiste avec nous depuis des millénaires.
Le livre rappelle que l’éducation canine ne se limite pas à des ordres, mais repose sur la compréhension, la communication et la responsabilité.
Le véritable amour du chien, selon Dehasse, consiste à respecter sa nature, à satisfaire ses besoins profonds et à l’accompagner dans un équilibre partagé.
Vivre avec un chien, c’est donc accepter de coévoluer avec lui : observer, apprendre, s’adapter, et surtout, se remettre en question.
Car derrière chaque chien bien dans ses pattes, il y a un humain qui a appris à écouter.
Table des matières
- Introduction
- Pourquoi ce guide ? et pour qui ?
- Petite histoire du chien avec l’homme
- Le culte du chien
- Les modèles de compréhension du chien
- Vivre avec un chien
- Le chien biologique – Besoins et instincts
- Le chien social – Interactions et communication
- Le monde du chien
- Le chien psychologique – Émotions, perceptions, cognitions
- Le chien culturel – Règles et modèles
- Le chien conscience – Identification et dépendance
- Cahier pratique – Bien vivre avec son chien
- Choisir un chien
- L’enfant et le chien
- Éduquer un chien
- L’arrivée d’un chien à la maison
- L’école des chiots
- Le matériel nécessaire
- Le chien et les autres animaux




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