Hyperuricosurie

L’hyperuricosurie ou hyperuricémie (HUU en anglais) est une anomalie génétique rare, mais cliniquement importante. Elle se traduit par une excrétion excessive d’acide urique dans les urines, ce qui peut favoriser la formation de calculs d’urate, notamment dans la vessie ou les reins.

Chez un chien normal, l’acide urique est converti en allantoïne avant d’être éliminé. Chez les chiens affectés, cette conversion est altérée : l’acide urique s’accumule dans le sang (hyperuricémie) et dans les urines (hyperuricosurie), augmentant le risque de cristaux ou de calculs d’urate.

Le dépistage

Sans dépistage génétique et avant l’apparition des calculs, aucun signe ne peut être évident : un chien porteur ou homozygote peut rester asymptomatique pendant longtemps.

Quand des calculs d’urate se forment, les symptômes peuvent être les suivants :

  • difficulté à uriner, miction douloureuse
  • sang dans les urines
  • urines fréquentes ou incontinence urinaire
  • douleurs abdominales
  • chez les mâles : risque d’obstruction urétrale (due aux calculs), qui peut devenir une urgence vétérinaire (grossesse de la vessie, vomissements…)

Si votre chien montre l’un de ces symptômes, consultez un vétérinaire.

Le diagnostic repose sur :

  • une analyse d’urine, afin de rechercher des cristaux d’urate, d’observer le rapport acide urique / créatinine ainsi que le pH urinaire
  • une imagerie (radiographie abdominale, échographie, ou techniques de contraste), afin de détecter des calculs dans la vessie ou les reins

Un test ADN simple à réaliser

Un test ADN fiable permet d’identifier les reproducteurs à risque, d’adapter les accouplements pour prévenir la naissance de chiots atteints et limiter la propagation de l’hyperuricosurie dans la race.
Chaque gène SLC2A9 étant constitué de deux allèles (l’un provenant de la mère, l’autre du père), ces allèles, qu’ils soient sains ou mutés, peuvent être transmis à la descendance. Cette mutation est héritée de manière autosomique récessive.
Les résultats du test se divisent en trois catégories :

  • HUU/HUU (homozygote pour la mutation) = ATTEINT : forte probabilité de développer les symptômes de l’hyperuricosurie et de transmettre le gène muté à la descendance.
  • N/HUU (hétérozygote pour la mutation) = PORTEUR : aucun risque de développer les symptômes, mais possibilité de transmettre le gène muté à la descendance.
  • N/N (homozygote pour le gène normal) = SAIN : aucun risque de développer ou de transmettre l’hyperuricosurie.

Dans le cadre de la reproduction des Altdeutsche Shaferhunde, l’UCFAS n’impose pas qu’un dépistage soit effectué. A l’élevage La Patte du Loup nous réalisons tout de même un test ADN sur nos reproducteurs (Antagène et Embark proposent ce type de test) afin d’identifier la mutation ou non du gène.

Pour plus d’informations, consulter la réglementation d’élevage de l’UCFAS.

La prise en charge et les traitements

Approche diététique

  • Régimes pauvres en purines : pour diminuer la production d’acide urique.
  • Augmentation de l’apport en eau : pour diluer les urines et réduire la saturation en urates.
  • Alcalinisation de l’urine : selon les cas, des ajustements peuvent être faits pour modifier le pH.

Médicament, chirurgie

  • Certains médicament (ex: Allopurinol) réduisent la production d’acide urique.
  • Si des calculs sont déjà formés, une extraction chirurgicale peut être envisagée. Après le retrait, un suivi régulier est primordial pour limiter toute récidive.

Quelles races sont les plus touchées ?

Les Dalmatiens sont particulièrement connus pour cette mutation.

L’Orthopedic Foundation for Animals (OFA) met à disposition sur son site internet des statistiques de maladies par races, on y retrouve les chiffres pour le Berger Allemand, ce qui permet de se faire une idée sur ceux de l’Altdeutsche Shaferhunde.
Sur 348 bergers allemands évalués, 100% sont sains (N/N).

Une étude de 2010 a mis en évidence que 1.75% des Bergers Allemands testés avaient une mutation associée l’hyperuricosurie, sur un échantillon de 114 Bergers Allemands.

👉 L’hyperuricosurie est une maladie génétique grave mais bien comprise : grâce aux avancées génétiques, elle peut être diagnostiquée chez le chien par un test ADN et prise en charge efficacement par des mesures diététiques, médicamenteuses et un suivi vétérinaire régulier.

Sources

Antagène. (s.d.). Hyperuricosurie. https://antagene.com/maladie/hyperuricosurie
Embark Veterinary Inc. (s.d.). Hyperuricosuria and hyperuricemia (urolithiasis, HUU). https://embarkvet.com/products/dog-health/health-conditions/hyperuricosuria-and-hyperuricemia-or-urolithiasis-huu/
Orthopedic Foundation for Animals. (s.d.). Disease statistics by breed. OFA. https://ofa.org/diseases/disease-statistics/
Cornell University College of Veterinary Medicine. (s.d.). Hyperuricosuria and hyperuricemia or urolithiasis (HUU). https://www.vet.cornell.edu/departments-centers-and-institutes/riney-canine-health-center/canine-health-information/hyperuricosuria-and-hyperuricemia-or-urolithiasis-huu
Today’s Veterinary Practice. (2023). Nutritional Management of Genetic Hyperuricosuria: Case Report. https://todaysveterinarypractice.com/nutrition/nutritional-management-of-genetic-hyperuricosuria-case-report/
Generatio.de. (s.d.). Hyperuricosuria and Hyperuricemia (HUU Dog). https://generatio.de/en/guidance/lexicon/hyperuricosuria-and-hyperuricemia-huu-dog

Bannasch, D., Safra, N., Young, A., Karmi, N., Schaible, R. S., & Ling, G. V. (2008). Mutations in the SLC2A9 gene cause hyperuricosuria and hyperuricemia in the dog. PLoS Genetics, 4(11) https://doi.org/10.1371/journal.pgen.1000246
Karmi, N., Safra, N., Young, A., & Bannasch, D. L. (2010). Validation of a urine test and characterization of the putative genetic mutation for hyperuricosuria in Bulldogs and Black Russian Terriers. American Journal of Veterinary Research, 71(11), 909–914. https://doi.org/10.2460/ajvr.71.8.909
Charlet, K. (2004). Maladies héréditaires — système urinaire : calculs d’acide urique / hyperuricosurie. Thèse vétérinaire, École Nationale Vétérinaire d’Alfort. https://www.centrale-canine.fr/sites/default/files/inline-files/417-Maladies-hereditaires_2004_Ken_Charlet.pdf
Motteau-Lévêque, M. (2024). Étude de la prédictibilité des données épidémiologiques et radiographiques pour déterminer la nature minérale d’un calcul urinaire chez le chien. Thèse vétérinaire, École Nationale Vétérinaire d’Alfort. https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-04660638v1

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